Québec : -29° et le bout du nez gelé

Une paire de collants, un legging, deux paires de chaussettes et un pantalon, trois couches sous son manteau, des gants, des moufles, une écharpe, un bonnet et une cagoule (oui, une cagoule…) : Marion ressemble à Bibendum déguisé en Ninja mais au moins on a pu affronter le vent glacial de Québec sans encombre. Quelle idée aussi d’aller visiter la capitale de la province québécoise en plein mois de février ?

Une étape incontournable à tout périple québécois


En moins de trois heures de route, le trajet Montréal-Québec City est bouclé. Rapporté à l’échelle française, c’est comme rouler pendant une quarantaine de minutes. C’est tout près. Le ciel bleu, une ligne droite et une rangée de sapins enneigés de chaque côté de la route : c’est magnifique. Malheureusement, plus on se rapproche de Québec et plus le ciel devient gris. Mais je ne suis pas certain de vouloir me plaindre : quand le ciel est dégagé, il fait encore plus froid…

château frontenac

Environ 10h00 du matin : je découvre la plus vieille ville d’Amérique du Nord pour la première fois. On m’avait dit : « tu verras, Québec ressemble à un petit village français ». On ne peut pas dire que je sois déçu : bâtiments en pierre, pancartes en français, ruelles plus étroites… Si j’ai bien compris, Québec est divisée en deux parties : la haute-ville et la basse-ville. On commence notre visite par la première en passant devant le célèbre Château Frontenac.

Dans ma tête, j’imagine un château à la Française, avec ses heures de visites et ses reconstitutions de chambres et toilettes de je-ne-sais-quel-roi. Et bien… le Château Frontenac c’est en fait un hôtel. Alors oui, des chambres il y en a – 611 pour être précis – et pour la visite guidée déboursez 20$ par adulte ou alors contentez-vous d’une visite virtuelle de 15 minutes via l’appli du Château. Personnellement, je l’ai longuement observé de l’extérieur puis je me suis retourné pour faire face à un fleuve Saint-Laurent glacé.

Vue sur Lévis

Enfin, presque glacé… Depuis la terrasse Dufferin – aux pieds du château – j’aperçois des gros blocs de glace se laisser porter par le courant. Malheureusement, le temps ne joue pas en ma faveur. Au loin, j’ai du mal à distinguer la ville de Lévis, située de l’autre côté du fleuve mais en me penchant un peu je découvre les toits de la basse-ville. C’est le moment de descendre.

Pour ça, deux options s’offrent à moi : l’historique funiculaire – un genre d’ascenseur extérieur incliné – qui relie la terrasse au Petit Champlain, ou les escaliers. J’opte pour la seconde option, pas pour le prix de la descente qui m’aurait fait fuir (2,25$ CAN ) mais plutôt pour éviter l’ascenseur extérieur… Vous l’avez compris maintenant, je n’aime pas trop le vide.  Désolé, pour une fois, je n’ai pas compté les marches mais je peux vous assurer qu’il y en a toujours moins qu’au Mont-Royal.

Presque arrivé en bas, c’est le coup de cœur ! Je lève la tête un instant et découvre la rue du Petit-Champlain : piétonnière, colorée, enneigée et encore dans l’ambiance de Noël. Il ne m’en faut pas plus, je suis sous le charme.

Rue du Petit-Champlain
De l’ambiance même l’hiver !


À cette période de l’année, le célèbre Carnaval de Québec ambiance certains coins de la ville. Après les carnavals de Rio et de la Nouvelle-Orléans, il s’agirait du troisième plus grand carnaval au monde. Personnellement, je n’en n’avais jamais entendu parler jusqu’à aujourd’hui… J’ai honte ! Au programme : deux semaines de festivités avec animations musicales, jeux, défilés, expositions, sculptures de glace, sucreries, glissades… le tout orchestré par Bonhomme Carnaval, son représentant officiel.
[Comptez 15$ pour un accès aux sites et 40$ pour le « Passeport complètement Carnaval »].

N’ayant qu’une journée sur place, je choisis de ne pas céder aux appels de Bonhomme Carnaval et vis l’expérience par procuration plus tard dans la soirée. Sur Instagram, je recherche le hashtag officiel de l’événement et tombe sur des photos super sympas. Je découvre des fous courageux en maillot prenant un bain de neige par presque -30°… Mon dieu, rien que d’y penser, je suis gelé !

D’ailleurs, avec un froid pareil, et malgré les précautions que j’ai prises, j’ai rapidement besoin de me réchauffer. Ça tombe bien, tout le monde a faim. À la recherche d’un endroit sympa pour casser la croûte, on tombe par hasard sur le Cochon Dingue, un restaurant qui revendique son petit côté bistrot parisien. Leur brunch est top – chocolat chaud à volonté, youpi ! – et très abordable (une dizaine de dollars), la déco est super sympa même si je n’y retrouve pas le petit côté bistrot parisien. Pas grave, je ne suis pas venu au Québec pour ça !

À la table derrière nous, un couple de touristes français embarrassent le serveur. D’un ton qui se veut humoristique mais que je trouve surtout hautain, ils lui répondent : « Si on veut bruncher ? Non, nous on veut dîner comme vous dites ici ». Déjà qu’on n’a pas très bonne réputation ici, ça ne va pas s’arranger avec ces deux-là…

Québec city

Une ville forcément chargée d’histoire


On ne peut pas être la ville la plus vieille d’Amérique du Nord sans avoir le bagage historique qui va avec. De la Citadelle de Québec – fortification britannique la plus importante d’Amérique du Nord – à l’Hôtel du Parlement, en passant par le Musée de la Civilisation, que vous soyez passionnés d’histoire ou non, vous trouverez facilement de quoi occuper votre journée. Nous, une fois l’estomac bien rempli, on a marché jusqu’au parc des Champs-de-bataille pour découvrir les Plaines d’Abraham. 

On dit qu’il est à Québec, ce que Central Park est à New York et Hyde Park à Londres. Mais avec cette épaisse couverture blanche, il m’est incapable de distinguer le moindre centimètre carré de verdure. Sous mes yeux, 103 hectares de poudreuse immaculée, j’ai du mal à imaginer que cet endroit, à cet instant précis désert et paisible, fut autrefois le théâtre d’affrontements entre Anglais et Français. Pourtant, les canons sont bien là pour nous rappeler ce tournant majeur de l’Histoire canadienne.

Pour la petite histoire – et pardon d’avance pour ce résumé honteusement court que je sors tout droit de Wikipédia – les Français ont capitulé lors de la Bataille des Plaines d’Abraham en 1759, marquant ainsi la fin du régime français et le début de la conquête britannique.

Les plaines d'Abraham

La Chute Montmorency


Toutes les personnes qui ont déjà visité Québec savent qu’un petit détour par le parc de la Chute Montmorency est incontournable. 12 kilomètres à l’échelle du Canada, c’est vraiment de la rigolade. Bon, si je peux toutefois vous donner un petit conseil : si c’est possible, ne faites pas comme moi et allez voir la Chute Montmorency AVANT les Chutes du Niagara. Vous verrez écrit partout : « avec ses 83 m de hauteur (soit 30 m de plus que les Chutes du Niagara) » mais soyons honnête un instant, ça n’a quand même rien à voir.

À cette période de l’année, les parois gelées qui entourent la chute permettent aux amateurs d’escalade sur glace de s’amuser un peu. Randonnées pédestres sur neige, téléphérique, pont suspendu au dessus de la chute et circuit panoramique sont également proposés pendant l’hiver. Nous, on s’est contenté de l’admirer depuis la passerelle située en face. Le parc est étrangement désert mais on aperçoit au loin une tâche orange et une tâche bleue en mouvement sur les parois. J’admire leur courage, ça fait à peine trois minutes que je suis sur la passerelle et je veux déjà me précipiter au chaud.

L’été, c’est une toute autre ambiance et un tout autre paysage : aire de jeux pour les tout-petits, Via Ferrata (une randonnée sur paroi rocheuse pour tous les niveaux à partir de 21,50$/adulte + frais de stationnement et de téléphérique), tyrolienne double, randonnées, pistes cyclables, escalier panoramique accroché au flanc de la falaise. Bref, un tas d’activités pour passer une excellente journée.

Attention tout de même à prévoir le budget… Le simple plait d’entrer sur le site nous a coûté 8$ (pour l’ensemble des passagers de la voiture). Mais si vous souhaitez également emprunter le téléphérique, il vous faudra débourser 13,92$ l’aller-retour par adulte (taxes non-incluses)… Pour l’ensemble des tarifs, c’est par ici. 

La Chute Montmorency

Retour à la maison


Avant de rentrer sur Montréal, petit détour par les Galeries de la Capitale. Grande roue, petits manèges à sensations, mini montagnes russes : suis-je vraiment dans une galerie marchande ? En traversant une passerelle, je me fais bousculer par un groupe de personnes qui passent de gauche à droite, visiblement sans regarder où ils vont. Je me penche par dessus la rambarde et découvre deux équipes en plein match de hockey… Normal dans un centre commercial !

galeries de la capitale

 

Et vous, avez-vous déjà visité Québec ? Qu’en avez-vous pensé ? Racontez-moi tout !

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4 thoughts on “Québec : -29° et le bout du nez gelé

  1. Chouette article tout comme les autres … Je les ai lus à une vitesse ! Je me reconnais un peu dans ta petite biographie, ça y est je me suis lancé dans l’aventure et j’ai déposé mon dossier pour un PVT, ce n’est qu’un premier pas mais ça veut déjà dire pas mal de choses pour moi 🙂 Au plaisir de te lire !

    1. Merci Maryline 🙂
      Certes, c’est un premier pas mais puisqu’on se ressemble un peu je pense que c’est déjà un pas énorme ! Je te souhaite d’obtenir ton PVT et de vivre une super expérience ! Bon courage pour la suite 🙂

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