Guillaume

 

Du haut de ton nuage, tu te demandes probablement ce qui me prend aujourd’hui. Ne sois pas surpris, je pense souvent à toi. Pour être honnête, je pensais parler de la célèbre crise du quart de siècle cette semaine. On dirait que c’est un sujet à la mode, comme si toutes les blogueuses, journalistes et chroniqueuses de France étaient nées en 1991. À vrai dire, je suis en plein dedans moi aussi. Repartir pour deux années d’études alors que je vais fêter mon vingt-cinquième anniversaire, voir mes copines fonder une famille, signer des CDI, faire construire leur maison, se marier… J’ai l’impression d’être en retard, de vouloir retarder cet anniversaire. Mais alors que je commençais à écrire les premières lignes de cet article, j’ai pensé à tous ces gens qui n’auraient pas la chance de vieillir, à tous ceux qui ne pourront jamais souffler cette vingt-cinquième bougie… et donc forcément : à toi.

Je me rappelle de cette triste journée comme si c’était hier. Je reçois un message : un tragique accident vient de se produire aux portes de ton village et un jeune de 23 ans n’a pas survécu. Dans ma tête, c’est comme un déclic, des jeunes de 23 ans dans ton village il n’y en a pas des masses mais je prie pour me tromper. C’est terriblement égoïste mais j’espère que ce n’est pas toi. Alors j’ai ce réflexe idiot, je fonce sur le site de la Charente Libre et découvre la photo de la voiture accidentée. Je ne la reconnais pas. J’ai eu cette chance. J’ai eu ces quelques minutes d’espoir supplémentaires jusqu’à ce que je découvre cette même voiture sur une de tes photos de couverture Facebook. Qui l’aurait cru, Guillaume mettant la photo de sa voiture en couverture Facebook…

guillaume et moi

Si je ne l’ai pas reconnue, c’est parce que toi et moi, on était fâché depuis quelques temps… Une embrouille absolument ridicule, comme ça arrive souvent. Sauf que cette fois, il n’y a pas de réconciliation possible. Et tu sais ce que je me dis ? C’est bête, hein… Mais je me dis heureusement qu’on était fâché ! Ton absence, j’avais en quelques sortes déjà commencé à m’y habituer. Alors pour moi, aujourd’hui, c’est comme si rien n’avait changé, on ne se voit toujours pas, on ne se parle toujours pas. En fait, c’est comme si tu étais toujours là, à quelques kilomètres de moi, à faire la fête, à rigoler pour un rien, à danser comme un dieu, à manger des choux de Bruxelles de ton plein gré…

Forcément, je pense beaucoup à ta maman et ton grand-frère qui avait déjà tant vécu et j’imagine tant souffert. Un jour – à l’époque des skyblogs, t’imagine à quel point ça remonte ! – j’étais tombée sur cette citation : Sur les ailes du temps, la tristesse s’envole. À ce moment là, je faisais connaissance avec le deuil pour la première fois, et tout me paraissait insurmontable. Je ne suis pas sûre que le temps emporte vraiment la tristesse, mais – comment dire – il l’adoucit. Alors, à l’approche de ce triste deuxième anniversaire, tout ce que j’espère aujourd’hui, c’est que la douleur est un peu moins présente dans leur vie.

Tu me manques. Mais tu sais, tu me manquais déjà avant de t’envoler – stupide fierté mal placée. Encore aujourd’hui, tu restes une des personnes avec qui j’ai eu le plus de fous rires au monde. Et je suis certaine que personne ne pourra te détrôner, la barre est bien trop haute. Sérieusement, tu rendais toutes les situations tellement drôles. Ah, ton rire, il me manque terriblement aussi. Heureusement, il me reste tous ces souvenirs, les photos et les vidéos bien-sûr, mais surtout tous ceux gravés dans ma mémoire, à tout jamais.

guillaume marine et moi

 

 

Categories: Humeur

2 Comments

#MoodMonday4 : Pour moi, tu es toujours là

  1. Très jolie message remplie d’honnêteté et de cœur.. C’est vrai qu’il est souvent de mise à dévoiler ses sentiments et ses pensées quand il est malheureusement trop tard, laissant place au interrogations..comme si l’on voulait avouer ses péchés pour ne pas se sentir coupable. La « fierté mal placé » se conserve plutôt bien avec le temps et nous ouvre toujours la porte au regrets. C’est le revers de la médaille à assumer. Il y a toujours du bon dans chacun de nous, et malgré qu’on ne se le montre pas assez, nous pouvons être plus humain et chasser l’égoïsme permanent que l’on cherche à nous imposer, particulièrement avec ceux qui ne pense pas comme nous, avec qui l’on à perdu contact.. Concernant le début de ton article qui ma particulièrement frappé, si tu veut un bon conseil : Évite de te comparer au autres ! Chaque personne à des envies, des valeurs et un parcours différent. Faire comme tout le monde n’est pas forcement un choix judicieux, des fois on peut se mentir à soi même en plus de devenir un mouton. Alors ne te pose pas trop de question, profite de ta vie avec les personnes qui te correspondent et qui te comprennent parce que personne ne détient la vérité et la recette du bonheur. Mais je comprend que cette société puisse mettre la pression, tous ces clichés et ses exigences quel veut nous imposé… En attendant, je te souhaite de poursuivre ton chemin avec plus de sérénité et pleine de jolie rencontre qui enrichiront ta vision de la vie. Tu est une fille sensible qui n’hésite pas à se remettre en question, tu trouvera ta voix ! Je finirai par une citation qui dévoilera surement mon identité “Pour rester soi-même dans un monde qui s’évertue jour et nuit à vous rendre comme n’importe qui, il faut gagner la plus rude bataille qu’un humain puisse livrer, et cette bataille n’a pas de fin.” Bon courage

    1. C’est un très beau message que tu viens de laisser là Lucas Scott 🙂 sans cette citation à la fin, j’aurais probablement pensé qu’un inconnu tombé par hasard sur cet article avait pris la peine d’y répondre et puis en le relisant une deuxième fois je t’ai bien reconnu !
      Si ce triste événement m’a bien appris quelque chose, c’est justement de profiter de la vie sans se préoccuper de la pression de la société et sans se comparer aux autres. Ce n’est pas facile tous les jours mais j’y arrive de plus en plus aujourd’hui. Quant à dire les choses avant qu’il ne soit trop tard, c’est souvent le plus difficile mais tu as raison, il faut travailler là dessus… Merci Lucas (je ne dévoilerai pas ton nom si tu souhaites garder l’anonymat ^^) et j’espère à très bientôt ! Bisous

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