Être Français(e) au Québec

Oui, c’est vrai, partir vivre à l’étranger, c’est accepter de laisser tomber ses habitudes et de s’adapter à une nouvelle culture. Si certains y arrivent plus vite que d’autres, pour moi l’excitation des premiers jours avait vite laissé place à des questions plus farfelues les unes que les autres : où faire mes courses ?  Quelle chaîne de télé regarder ? C’est quoi cette pièce ? Et pire encore… Comment fermer la porte des toilettes à clé ? Ben oui, ils ont beau être nos « cousins québécois », il y a un tas de choses qu’ils ne font pas comme nous… Au début, ces différences sont un peu compliquées à gérer, puis à force on s’y habitue… et on se demande même pourquoi elles nous ont un jour posé problème.

Ah… la corvée des courses !


Je crois que faire les courses a été la chose qui m’a demandé le plus d’efforts d’adaptation. Déjà, parce que je perdais un temps fou dans les supermarchés… Ben oui, trouver le bon rayon, déchiffrer les étiquettes, comparer les prix et les convertir en euros, ça demande du temps ! Puis, une fois arrivée en caisse, il faut payer ses courses, et là, commençait la bataille contre les pièces de monnaie. Il y a plusieurs choses à savoir. Premièrement, ici les pièces de un centime et de deux centimes n’existent plus. Si le total fait 50,21$, vous devez 50,20$, s’il fait 50,29$ vous devez 50,30$. D’ailleurs on ne dit pas deux centimes mais deux sous (et une pièce pour un dollar). Deuxièmement, il y a une pièce, qui va vous forcer à faire de la gymnastique intellectuelle : le 25 sous. Ben oui, ça va vous paraître idiot mais comme on n’a pas l’habitude de l’utiliser, on la laisse de côté les premiers jours… C’est pourtant simple : 4 x 25 sous = 1 dollar !

les taxes au québec

Autre détail à prendre en compte, et pas des moindres : les taxes ! Quand un prix est affiché en rayon, il faut rajouter environ 15% de taxes pour obtenir le prix que l’on va finalement payer en caisse. Mais attention – comme si ce n’était pas assez compliqué – il faut aussi savoir que tous les produits ne sont pas taxables. Les produits alimentaires de base (produits laitiers, œufs, céréales…) ne le sont pas mais tout peut aussi dépendre du format (les pots de 500 mL de glace par exemple… Ne me jugez pas !). Je résume : si je trouve un manteau à 100$ en rayon, je vais le payer 115$ en caisse mais si c’est une brique de lait à 3,50$, elle me coûtera 3,50$. Facile finalement !

Mais rassurez-vous, il y a aussi des facettes dans les courses au Canada que j’ai tout de suite adoptées ! L’ouverture des magasins le dimanche par exemple. Ben oui, au lieu de déprimer chez soi « c’est nul le dimanche, je m’ennuie et y’a rien à faire », on peut aller magasiner ! C’est pas merveilleux ? Les dépanneurs aussi. Cette petite épicerie ouverte 7 jours sur 7 et très souvent 24 heures sur 24 qui, comme son nom l’indique, dépanne. Une envie soudaine de faire des crêpes un mardi soir à 23h00 mais plus d’œufs en stock ? Pas de panique… il suffit de marcher jusqu’au coin de la rue, c’est magique !

magasins ouverts le dimanche

Oh, et puis les pharmacies canadiennes aussi… Oui, on y achète ses médicaments, mais elles n’ont quand même rien à voir avec nos pharmacies françaises. Finalement, c’est comme un petit supermarché, plutôt calme, où on trouve tout ce qui concerne l’hygiène (gel douche, dentifrice, papier toilette, maquillage…) mais aussi cartes d’anniversaire, beurre de cacahuètes ou briques de lait.

Dans la maison


Prendre sa douche sans se mouiller les cheveux, dormir dans le noir complet ou faire pipi sans faire de bruit, voilà trois missions impossibles au Canada. 1/ parce que le pommeau de douche est fixé au mur, 2/ parce que les volets n’existent pas et 3/ parce que l’eau des toilettes est remplie au 3/4 de la cuvette (ça surprend au début…).
En fait, quand j’y pense, tout est différent : le chauffage, les interrupteurs, les boutons sur le micro-ondes, les serrures et même le système électrique !

Apporter un adaptateur pour pouvoir charger mon ordinateur, ça j’y avais pensé toute seule, mais combien d’expats ont bousillé leur rasoir électrique ou leur sèche-cheveux en les utilisant ici ? Et oui, en France tout fonctionne sur du 220 V et ici sur du 110. Il est donc déconseillé d’utiliser ses appareils électriques avec moteur à moins d’avoir apporté un convertisseur.

les prises canadiennes

Au Canada, chercher un appart’ demande aussi de l’adaptation, il faut réapprendre tout le jargon immobilier. On ne parle plus de copropriété, studios, T2 et T3 mais de condos, 1 1/2, 2 1/2 et 3 1/2. Le 1, 2 ou 3 désignant le nombre de pièces et le 1/2 la salle de bain. Point positif : les cautions sont illégales, voilà de l’argent en moins à dépenser !

Autre particularité : les machines à laver. Perso, je fais partie des chanceux qui ont leur propre laveuse-sécheuse. Mais ici il est très commun de devoir descendre au sous-sol de son immeuble pour laver son linge. Remarquez, c’est plus pratique de descendre au sous-sol de son immeuble que de prendre le métro ou le tram pour se rendre au lavomatique le plus proche non ? Non seulement on peut le faire en pyjama et en plus c’est un super moyen pour liquider ses pièces de 25 sous. Allez, un point positif de plus pour le Canada !

jargon immobolier québec
Ah d’ailleurs, les sous-sol ou semi sous-sol, vous savez ces pièces en France qu’on néglige un peu, qui servent de débarras, de garde-meubles ou de salles de jeux abandonnées. Et bien ici, on y habite et c’est super cool. Bon, sauf quand il y a une tempête de neige et qu’il faut dégager ses fenêtres pour y voir quelque chose… Ah, et puis, les escaliers en extérieur. Oui c’est super beau et ça fait tout le charme de Montréal. Mais je me pose quand même une question… Pourquoi les habitants d’une ville où l’hiver, le verglas et la neige occupent la moitié – j’exagère un peu – de l’année mettraient des escaliers en extérieur pour rentrer chez eux ? Certains disent que c’est pour gagner de l’espace mais je ne suis pas certaine que les malheureux au coccyx fracturé soient de leur avis.

On ne s’habitue pas à tout


Bon, j’avoue il y a quand même deux trois choses qui continuent à me poser problème… Le coût d’un forfait de téléphone par exemple. Quand tu es habitué à payer 19,99€/mois en France – pour un forfait du tonnerre avec tout illimité – et que tu dois envisager de payer presque 80$ ici (soit 52€) pour quelque chose de moins bien : ça pique !

forfaits téléphone canada

Heureusement, on peut se connecter à la WiFi à peu près partout dans Montréal alors j’ai abandonné l’idée du forfait et communique exclusivement par Messenger, Skype ou Whatsapp ! Concernant la recherche de job, c’est facile : j’ai la facture du téléphone fixe comprise dans le loyer, amen !

Ah, et puis, les unités de mesure. Là, c’est certain, je ne m’y ferai jamais ! Je n’étais déjà pas une as de la cuisine, mais maintenant que je dois régler mon four en Degrés Fahrenheint et peser ma farine en Livres, ça se complique. Et le casse-tête ne s’arrête pas là. En fait, toutes les mesures qui me servaient de repères depuis ma plus tendre enfance n’existent pas ici. Je dois parler en pouces et en pieds, ma pointure a changé et ma taille aussi !

unités de mesure au québec

Cet article n’est évidemment pas une liste exhaustive des choses qui peuvent surprendre un(e) Français(e) à son arrivée à Montréal. J’aurais aussi pu vous parler du tutoiement, du prix de l’essence ou encore des coupures pubs mais bon, il faut aussi que je vous laisse un peu de suspens… On ne sait jamais, des fois que vous auriez une petite envie de me rendre visite !

Signature Marion

 

 

 

 

(Source des éléments vectorisés : Freepik).

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