6 mai 2015 : « vote demande a fait l’objet d’une mise à jour ». Maman, papa, amis, collègues, Facebook : J’AI OBTENU MON PVT !!! À moi la poutine, les grands espaces et la pêche sur la glace. Excitation, euphorie et un brin de stress vont me tenir compagnie les jours suivants. D’un naturel ultra prévoyante, je passe des heures à lire le guide de pvtistes.net : résiliations, documents indispensables, assurance santé… je veux être au point pour le jour J. Mes cours se terminent début septembre et mon contrat de travail prend fin le 30, je me laisse trois semaines de battement pour les dernières formalités et m’envole le 21 octobre pour Montréal.

Le Québec : un Eldorado pour l’emploi ?


Chaque PVTiste part avec ses propres objectifs : améliorer son niveau d’anglais, naviguer de jobs alimentaires en jobs alimentaires pour financer ses roadtrips… Mon doux rêve ? Trouver du travail dans ma branche – la communication éditoriale et digitale – à Montréal. Selon moi, une bonne alternative pour voyager tout en gagnant de l’expérience. Oui, vous avez tout compris, je suis une phobique du trou dans le CV. Titulaire d’une Licence professionnelle et fière de mes 13 mois d’expérience à la SNCF, je sais que ce ne sera pas facile mais j’y crois… à fond !

Bon, j’ai vite déchanté… Après deux semaines de recherche active, j’ai envoyé des dizaines de candidatures mais je me rends vite compte que ça ne mènera nul part. Tout d’abord, à cause de mon niveau anglais. Malgré leur côté « fiers défenseurs de la langue française », les Québécois exigent sa connaissance parfaite à l’oral comme à l’écrit dans 9 offres d’emploi sur 10. Yes, I speak english ! Du moins, je me débrouille à l’oral, mais à l’écrit c’est une autre histoire.

parler anglais au travail

Ce dont je me suis vite rendu compte aussi, et je l’avais lu sur plusieurs forums avant de partir : pour trouver son premier job au Canada dans son domaine, il faut être très, très chanceux. Tout dépend de votre branche évidemment, mais en communication ou en marketing par exemple, c’est le cas. Et puis il faut aussi savoir qu’un recruteur doit justifier pour quelles raisons un candidat français ferait plus l’affaire qu’un candidat québécois, ce qui ne joue pas en notre faveur… Alors j’ai rapidement commencé à élargir mes recherches et je suis tombée sur une offre où on ne me demandait pas d’être bilingue en anglais (enfin !). J’ai foncé et c’est comme ça que je suis devenu lutin du Père Noël au Complexe Desjardins.

Pas de lourde paperasse, ni de contrat de travail, si l’emploi ne me plait pas, je peux partir sans préavis et si je ne conviens pas, mon patron peut me dégager en un rien de temps. Chacun y trouve son compte… Pendant un mois et demi, je vends les photos du Père Noël et des tickets pour le carrousel ou le petit train. L’ambiance est top, mon superviseur est top, je rencontre tout plein de Québécois de mon âge super sympas, drôles et ouverts d’esprit et en plus je gagne de l’argent ! Mais comme toutes les bonnes choses, la période des fêtes ne dure qu’un temps et je débute 2016 avec zéro opportunité en vue.

résolution 2016
Cette fois, je me fixe la date du 31 janvier pour candidater exclusivement dans mon domaine. Je viens d’emménager dans un nouvel appart et avec mes économies, j’ai de quoi tenir quelques temps. (Oui, un bon conseil, partez avec plus d’économies qu’exigées par le gouvernement canadien, ça vous épargnera la pression et le stress des premiers mois). Mon quotidien se résume en un verbe : postuler. Je tente tout : les temps plein et temps partiel, les contrats permanents ou déterminés, les offres sénior et junior, bref, tout !

Par miracle, un employeur me recontacte pour fixer un entretien téléphonique. Les missions correspondent exactement à mon profil, je prépare l’entretien comme je n’en avais jamais préparé auparavant, ma seule lacune pour ce poste : l’anglais, toujours et encore l’anglais. Sans surprise, un autre candidat fera mieux l’affaire que moi.

On se rapproche dangereusement de la fin du mois quand me vient une idée. Pourquoi ne pas trouver une mission de bénévolat en communication ? Ok, je ne serai pas payé et il faudra donc que je trouve un job alimentaire. Mais si je trouve une cause qui me tient vraiment à cœur, je sais que ça ne me posera pas de problème.

Voilà où j’en suis aujourd’hui. Je continue à consulter les offres en communication, je postule pour du bénévolat – sans trop de succès pour le moment – et je cherche désespérément un petit boulot pour dépanner. Je relativise… Après tout, ce petit boulot me permettra de gagner une nouvelle expérience et de l’argent pour financer ma découverte du Canada. Vous voulez m’aider ? Croisez les doigts pour moi ou priez Sainte Rita, patronne des causes désespérées, bref, envoyez-moi des ondes positives…

argent et PVT

L’argent ne fait pas le bonheur… mais il y contribue !


Si vous faites partie de cette catégorie de personnes qui pensent que l’argent ne fait pas le bonheur, sachez que j’éprouve une profonde admiration pour vous ! Passer du temps en famille ou entre amis, se balader dans des coins sympas, j’adore ça et en plus c’est gratuit. Mais je fais hélas aussi partie de cette catégorie de gens qui sont heureux lorsqu’ils vont voir un film au cinéma, lorsqu’ils boivent un demi-pêche en terrasse ou lorsqu’ils visitent un monument célèbre contre quelques pièces de monnaie.
Ça c’est le côté fun… Mais j’aime aussi être sereine au moment de payer mon loyer et ne pas compter chacun de mes centimes au moment de faire les courses.

Alors ce qui me pèse le plus au quotidien, c’est justement de devoir me priver de sorties et de découvertes pour pouvoir payer mon loyer, piocher dans mes économies pour faire mes courses ou payer mon abonnement au métro. C’est quand même triste d’avoir traversé l’Atlantique pour rester cloîtré chez soi, accroché à son clavier d’ordinateur, non ? Bon, j’avoue, je vois toujours le verre à moitié vide et je vous entends déjà me dire dire : « Contrairement à d’autres candidats au PVT, toi tu l’as obtenu et en plus d’arpenter les rues de Montréal tous les jours, tu as déjà eu la chance de visiter Toronto, de voir les Chutes du Niagara et de passer une journée à Ottawa ». Vous avez raison et d’ailleurs je crois que cet article c’est surtout une petite thérapie qui doit me faire réaliser que je suis chanceuse de vivre cette expérience et que mon PVT n’est finalement pas un échec. Et puis, est-ce que ça se passerait mieux en France ?

rester positif

Mais – oui, il y a toujours un mais – je veux voir Québec, Vancouver, New York City et Chicago… Je veux profiter d’être en Amérique du Nord pour louer une voiture – j’ai peur de l’avion, remember ? – traverser le Canada et les États-Unis en long, en large et en travers. Voir le fabuleux Golden Gate Bridge, visiter la Maison Blanche (c’est possible, non ?), prendre un selfie devant le Grand Canyon, observer les baleines et boire une bière au beurre en Floride (rassurez-moi, vous saviez que l’univers d’Harry Potter a été recréé à Orlando ?!). Je veux en prendre plein la vue et vous en mettre plein les yeux. Mais surtout, je veux un travail…

Et en attendant que tout ça arrive… ce soir je vais aller jouer au casino ! On ne sait jamais…

 

 

 

 

PS : suis-je la seule PVTiste à éprouver de la difficulté à trouver du boulot ? Avez-vous des conseils à partager ?

Categories: Canada Humeur

5 Comments

PVT : mettons les paillettes de côté

  1. Coucou Gus,
    J’ai beaucoup aimé ton article joliment décoré de ces petites têtes de souris … 🙂 même si j’avoue que tu me fais un peu paniquer …
    en effet grand départ prévu au Canada avec mon mari (2 PVT obtenus c’est pas dingue ça ?) dans quelques mois.
    Je suis curieuse de savoir comment cela va évoluer pour toi et bien sûr je passerai à Ste Rita ! On ne sait jamais …

    1. Merci Méli ☺
      Deux PVT, wouhou ! C’est génial !
      Avant mon départ j’ai tellement lu d’articles disant que trouver du travail au Canada était super facile que je suis tombée de haut. C’est pour cette raison que j’ai tenu à écrire cet article mais mon but n’était pas de faire paniquer les futurs pvtistes ☺
      Je pense que la période à laquelle je suis arrivée n’a pas joué en ma faveur. Mes collègues au village du Père Noël m’ont dit que pendant l’hiver, il était très difficile de trouver du travail. Mais je ne perds pas espoir, à force de m’acharner, ça va bien finir par marcher !

      En tout cas je vous souhaite, à ton mari et à toi, une très belle aventure !

  2. Allo !
    Ton article me fait beaucoup penser à ma propre expérience, je suis arrivée sur Québec en septembre et depuis je n’ai toujours pas trouvé de boulot dans ma branche (moi aussi je suis diplômée, j’ai un Master en communication et pourtant je parle anglais) à Québec c’est encore plus difficile de trouver du travail surtout à cause du peu d’annonces… mais on reste positifs ! En attendant je vends des ordinateurs et des tablettes chez Best Buy, c’est quand même pas si pire et l’équipe est fun !
    Courage dans ta recherche c’est sûr que tu vas finir par trouver quelque chose !

    1. Je suis rassurée de voir que je suis loin d’être la seule dans mon cas. En plus, tu parles anglais et tu es plus diplômée que moi, ce qui prouve que ce n’est simple pour personne… Est-ce que tu envisages de bouger si tu ne trouves pas dans ta branche à Québec ?

      1. Hello,
        je n’avais pas vue ta réponse ! Oui effectivement, c’est décidé, mon copain, mon chat et moi partons pour Calgary dès le mois de Juillet ! On verra bien, on va essayer de profiter un max de ces 2 ans de PVT pour voyager et voir du pays.

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